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La Charte de Grenoble

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale certain-e-s étudiant-e-s, souvent lié-e-s à la Résistance désirent faire évoluer l’UNEF. Ils veulent rompre avec l’apolitisme et le corporatisme qui avaient amené à des comportements ambigus face à l’occupant pendant la guerre. Ils souhaitent donc transformer leur association en un véritable syndicat étudiant. Paul Bouchet, président de l’AGE de Lyon, l’un des principaux rédacteurs de la charte déclare «  Nous ne voulions plus de corporatisme étudiant. Nous donnions comme but à l’UNEF de jouer le rôle d’avant-garde de la jeunesse d’un point de vue social ». Ils décident donc d’imiter la CGT qui s’était donnée un texte de référence en 1906 : la Charte d’Amiens. La charte du syndicalisme étudiant elle, est adoptée en 1946 à Grenoble lors du congrès de l’UNEF, d’où son nom « Charte de Grenoble »

Extrait de la Charte de Grenoble

Extrait de la Charte de Grenoble

Préambule.

Les représentants des étudiants français, légalement réunis en congrès national à Grenoble le 24 avril 1946, conscients de la valeur historique de l’époque,
Où l’Union Française élabore la nouvelle déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ;
Où s’édifie le Statut pacifique des Nations ;
Où le monde du travail et de la jeunesse dégage les bases d’une révolution économique et sociale au service de l’homme ;
Affirment leur volonté de participer à l’effort unanime de reconstruction ;
Fidèles aux buts traditionnels poursuivis par la jeunesse étudiante française lorsqu’elle était à la plus haute conscience de sa mission ;
Fidèles à l’exemple des meilleurs d’entre eux, morts dans la lutte du peuple français pour sa liberté ;
Constatant le caractère périmé des institutions qui les régissent ;
Déclarent vouloir se placer, comme ils l’ont fait si souvent au cours de notre Histoire, à l’avant-garde de la jeunesse française, en définissant librement comme bases de leurs tâches et de leurs revendications, les principes suivants :

Art. 1. L’étudiant est un jeune travailleur intellectuel.

Droits et devoirs de l’étudiant en tant que jeune

Art. 2. En tant que jeune, l’étudiant a droit à une prévoyance sociale particulière, dans les domaines physiques, intellectuels et moraux.
Art. 3. En tant que jeune, l’étudiant a le devoir de s’intégrer à l’ensemble de la jeunesse mondiale et nationale.

Droits et devoirs de l’étudiant en tant que travailleur

Art. 4. En tant que travailleur, l’étudiant a droit au travail et au repos dans les meilleures conditions et dans l’indépendance matérielle, tant personnelle que sociale, garanties par le libre exercice des droits syndicaux.
Art. 5. En tant que travailleur, l’étudiant a le devoir d’acquérir la meilleure compétence technique.

Droits et devoirs de l’étudiant en tant qu’intellectuel

Art. 6. En tant qu’intellectuel, l’étudiant a droit à la recherche de la vérité et à la liberté qui en est la condition première.
Art. 7. En tant qu’intellectuel, l’étudiant a le devoir :
– De définir, propager et défendre la vérité, ce qui implique le devoir de faire partager et progresser la culture et de dégager le sens de l’Histoire ;
– De défendre la liberté contre toute oppression, ce qui, pour l’intellectuel, constitue la mission la plus sacrée.