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Le Sénat veut régionaliser l’enseignement supérieur : les étudiant-e-s disent non !

Le 19 janvier le Sénat, en discussion sur le projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la république, a adopté des amendements portant sur l’enseignement supérieur. Ces amendements attaquent directement le caractère national des diplômes qui garantit l’égalité entre les étudiant-e-s.

La carte des formations ne doit pas être une prérogative régionale

Les sénateurs ont adopté un amendement permettant aux régions d’avoir un poids décisionnel dans le schéma de la carte des formations proposé par les universités. Le rôle du service public est d’assurer à tou-te-s l’égalité sur le territoire en matière de droit à la formation. C’est à l’État de contrôler la carte des formations avec la force de la puissance publique qui doit assurer à chacun-e l’accès à la formation de son choix proche de son lieu de vie.

Donner aux régions une compétence décisionnelle sur l’offre de formation, c’est déséquilibrer d’un territoire à l’autre le caractère national des diplômes et de voir apparaître une inégalité dans le service public selon les territoires.

L’État doit rester le garant de la répartition des moyens vers les formations       

Dans un second amendement, le financement des établissements et sites de l’enseignement supérieur devient une prérogative des régions. Dans un contexte de crise, où le chômage touche durement les jeunes, il est inenvisageable de pousser le service public à délivrer des diplômes dont la reconnaissance serait seulement régionale. Les étudiant-e-s doivent avoir accès à un diplôme qui les protège tout au long de leur vie active et sur l’ensemble du territoire.

Si cela fait plusieurs années que l’UNEF interpelle les pouvoirs publics sur les problèmes budgétaires des universités, la réponse ne sera pas celle d’une inégalité de financement entre les différentes régions mais celle de l’investissement public et national pour créer des postes d’enseignant-e-s et permettre la rénovation des bâtiments et l’innovation pédagogique.

L’UNEF appelle le gouvernement et les parlementaires à revenir sur ces amendements qui mettent en danger l’égalité entre les étudiant-e-s et remettent en cause un pilier du service public d’enseignement supérieur.